le siège saadien de Santa Cruz du cap de Gué, en 1541

LE LIVRE DE

Agadir — Tout savoir sur Agadir

أكادير

Histoire, lieux, personnages, culture et table de Agadir, racontés par deux Marocains.

10 chapitres6 min de lecturePar Yassine et Issam
Que faire à Agadir
SOMMAIRE · I
  1. I. En un regard
  2. II. Histoire
  3. III. Les dates
  4. IV. Lieux marquants
  5. V. Personnages
  6. VI. Culture et traditions
  7. VII. Les habitants
  8. VIII. À table
  9. IX. Le saviez-vous ?
  10. X. Questions fréquentes

CHAPITRE I

En un regard

Son nom veut dire « grenier fortifié » en tachelhit. Comptoir portugais puis port des Saadiens, Agadir a été rayée de la carte par le séisme du 29 février 1960. Reconstruite plus au sud, elle est devenue la capitale balnéaire du Maroc et la porte du Souss amazigh.

Nom arabe
أكادير
Autres noms
Agadir Oufella · Santa Cruz do Cabo de Gué
Coordonnées
30.4278, -9.5981
Meilleurs mois
oct., nov., déc., mars, avr.

CHAPITRE II

Histoire

Porto Mesegina et Agadir al-Harba

La plus ancienne carte qui signale le site date de 1325 : elle y place un « Porto Mesegina », du nom de la tribu amazighe des Mesguina (ou Ksima), connue dès le XIIe siècle. Le nom d'Agadir, qui signifie « grenier fortifié » en tachelhit, apparaît pour la première fois en 1510, sous la forme Agadir al-Harba.

Santa Cruz du cap de Gué (1505-1541)

En 1505, le noble portugais João Lopes de Sequeira bâtit un château de bois au pied de la colline, près d'une source : c'est la colonie de Santa Cruz do Cabo de Gué. Le quartier garde le nom de Founti, du portugais « fonte », la fontaine. Le roi de Portugal rachète le château le 25 janvier 1513.

Les tribus du Souss organisent un blocus de plusieurs années. En 1510, Mohammed al-Qaïm, chef d'une famille de chorfa, prend la tête de la résistance : ses descendants fondent la dynastie saadienne. En 1540, Mohammed ech-Cheikh installe des canons sur la colline qui domine le fort ; le siège commence le 16 février 1541 et la ville tombe le 12 mars. Six cents Portugais sont faits prisonniers, dont le gouverneur Guterre de Monroy.

Agadir Oufella, la kasbah saadienne

La victoire de 1541 pousse les Portugais à abandonner Safi et Azemmour : en 1550, il ne leur reste au Maroc que Mazagan, Tanger et Ceuta. Le sultan Abdallah al-Ghalib (1557-1574) bâtit une kasbah au sommet de la colline, appelée Agadir n'Ighir, le « grenier de la colline ».

Au XVIIe siècle, sous la principauté amazighe du Tazeroualt, le port commerce avec l'Europe : sucre, cire, cuivre et peaux contre armes et tissus. Un séisme détruit la ville en 1731.

Le port fermé (1760-1911)

À partir de 1760, le sultan Sidi Mohammed ben Abdallah, qui veut punir le Souss rebelle, détourne le commerce vers Essaouira et fait fermer le port d'Agadir. Le déclin dure un siècle et demi : en 1789, un voyageur parle d'une ville fantôme aux maisons en ruine.

Moulay Hassan Ier rouvre le port en 1881 pour ravitailler ses expéditions de 1882 et 1886 dans le Souss. En 1884, Charles de Foucauld décrit encore un « pauvre village dépeuplé et sans commerce ».

Le coup d'Agadir et le protectorat (1911-1956)

Le 1er juillet 1911, l'Allemagne envoie la canonnière Panther dans la baie d'Agadir pour revendiquer une part du Maroc. La crise d'Agadir fait craindre une guerre entre la France et l'Allemagne ; le traité franco-allemand du 4 novembre 1911 laisse les mains libres à la France, qui établit son protectorat l'année suivante.

Les troupes françaises débarquent le 15 juin 1913 dans une ville de moins de mille habitants. Un port est construit, puis le quartier de Talborjt, et vers 1930 Agadir devient une escale de l'Aéropostale, fréquentée par Saint-Exupéry et Mermoz. Le centre moderne est dessiné par Henri Prost à partir de 1930, et la ville vit de la pêche, des conserveries et du tourisme naissant.

Le séisme du 29 février 1960 et la renaissance

En 1960, Agadir compte plus de 40 000 habitants. Le 29 février, à minuit moins le quart, un séisme de magnitude 5,7 dure une quinzaine de secondes et détruit presque toute la ville, dont la vieille kasbah. On estime le nombre de morts à environ 15 000, plus d'un tiers de la population.

Le roi Mohammed V déclare que la ville renaîtra. Elle est reconstruite un peu plus au sud par des architectes marocains et français, dont Jean-François Zevaco et Élie Azagury. Agadir dépasse le demi-million d'habitants au début du XXIe siècle, avec un grand port de pêche, longtemps premier port sardinier du monde, et l'une des principales stations balnéaires du pays.

CHAPITRE III

Les dates

  1. 1505

    Des marchands portugais bâtissent le fort de Santa Cruz do Cabo de Gué.

  2. 1541

    Les Saadiens reprennent le fort ; la kasbah d'Agadir Oufella est bâtie sur la colline.

  3. 1960

    Le séisme du 29 février détruit la ville ; une nouvelle Agadir est bâtie plus au sud.

CHAPITRE IV

Lieux marquants

1

Agadir Oufella

Les remparts de la kasbah saadienne, restaurés, couronnent la colline à 236 m. Au coucher du soleil, toute la baie s'illumine ; sur le flanc, l'inscription « Dieu, la Patrie, le Roi » se voit depuis la plage. Un téléphérique y monte désormais.

2

Souk El Had

Un immense marché fermé de remparts, avec des milliers d'échoppes : fruits du Souss, épices, huile d'argan, poteries et babouches. Plus calme que les souks de Marrakech, et les prix y sont ceux des habitants.

3

La baie et la marina

Près de dix kilomètres de sable doré, une corniche piétonne et plus de 300 jours de soleil par an. Au nord, le port de pêche, l'un des grands ports sardiniers du monde, s'anime à l'aube.

4

Le musée du patrimoine amazigh

Bijoux d'argent, tapis, coffres et manuscrits du Souss et de l'Anti-Atlas : la meilleure introduction à la culture de la région, avant de partir vers Taroudant ou Tafraoute.

CHAPITRE V

Personnages

  • Mohammed ech-Cheikh1490–1557Sultan saadien qui reprend Agadir aux Portugais en 1541, avant d'unifier le Maroc.
  • Mohammed V1909–1961Au lendemain du séisme, il fait de la reconstruction d'Agadir une cause nationale.
  • Jean-François Zevaco1916–2003Architecte né à Casablanca, figure de la reconstruction : la caserne des pompiers et l'ancienne poste d'Agadir sont de lui.

CHAPITRE VI

Culture et traditions

Le Souss et ses rways

Agadir est la grande ville des Chleuhs du Souss, qui parlent tachelhit. Leur musique, celle des rways, poètes chanteurs accompagnés du rebab, se fête chaque année au festival Timitar.

L'arganier

L'arganier ne pousse à l'état sauvage que dans le sud-ouest du Maroc. Autour d'Agadir, des coopératives de femmes concassent les noix à la main pour en extraire l'huile, alimentaire ou cosmétique.

Agadir est au cœur de la région du Souss, terre du peuple berbère chleuh. La production d'huile d'argan et les coopératives de femmes associées ont une importance culturelle — visiter une coopérative est à la fois authentique et soutient économiquement les femmes locales. Le souk El Had du jeudi est l'un des plus grands marchés hebdomadaires du Maroc. La musique amazighe (tradition des rways) est jouée lors des festivals.

CHAPITRE VII

Les habitants

Les Gadiris et les Soussis

Agadir est la capitale du Souss, la plus grande région amazighophone du Maroc. Les Soussis sont réputés travailleurs et commerçants : on les retrouve à la tête d'épiceries dans tout le pays. Depuis le séisme de 1960, la ville a été rebâtie et accueille aussi des Marocains venus de partout.

Le tachelhit

Le tachelhit, langue amazighe du Souss et de l'Anti-Atlas, est partout : dans les souks, les chansons des rways et à la radio. Un « azul » (bonjour) fait toujours sourire.

CHAPITRE VIII

À table

L'amlouPâte d'amandes grillées, d'huile d'argan et de miel : le petit-déjeuner du Souss, sur du pain chaud.
Les sardines du portAu port de pêche, les petits restaurants grillent le poisson du jour, sardines en tête, servi avec salade marocaine et pain.

CHAPITRE IX

Le saviez-vous ?

  • Sur la colline de la kasbah, l'inscription « Dieu, la Patrie, le Roi » s'éclaire la nuit et se voit de toute la baie.
  • Le séisme du 29 février 1960 dura une quinzaine de secondes et détruisit presque toute la ville.
  • Agadir est l'un des premiers ports de pêche du Maroc, notamment pour la sardine.

Questions fréquentes sur Agadir

Combien de jours faut-il pour visiter Agadir ?

Comptez 2–6 jours pour découvrir Agadir sans vous presser. C'est la durée que nous retenons dans nos itinéraires.

Quelle est la meilleure période pour visiter Agadir ?

Les meilleurs mois pour Agadir sont octobre, novembre, décembre, mars et avril.

Quel budget prévoir par jour à Agadir ?

Par personne et par jour, hébergement compris : environ 50 € avec un petit budget, 120 € en confort et 350 € pour un séjour haut de gamme.

Comment aller à Agadir ?

Aéroport Al Massira (AGA) avec vols charters et réguliers directs depuis l'Europe. Bus CTM depuis Marrakech (4 h), Casablanca (8 h). Pas de liaison ferroviaire.

Que voir à Agadir ?

Les incontournables de Agadir : Plage d'Agadir, Vieille kasbah (Oufella), Souk El Had et Coopérative d'huile d'argan.

Que manger à Agadir ?

À goûter à Agadir : Amlou, Khobz, Thé à la menthe et Oranges à la cannelle.

Où loger à Agadir ?

Les quartiers à privilégier : Front de mer, Talborjt et Marina.

Agadir est-elle une destination sûre ?

Oui, Agadir accueille chaque année de nombreux voyageurs. Les précautions sont celles de toute destination touristique : surveillez vos affaires dans la foule, déclinez poliment les faux guides, convenez du prix d'un taxi avant de monter.

Agadir convient-elle aux familles ?

Oui, Agadir se visite bien en famille.

Sources

Pour aller plus loin et vérifier ce que nous écrivons.

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FIN DU LIVRE

Maintenant, allez voir Agadir.

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