FFondée par la tribu berbère des Miknassa, Meknès a été choisie en 1672 par Moulay Ismaïl pour devenir sa capitale. En cinquante-cinq ans de règne, le sultan y élève des kilomètres de remparts, des greniers géants et des portes monumentales : une ville impériale inscrite à l'UNESCO en 1996, à deux pas des ruines romaines de Volubilis.
Les ruines romaines de Volubilis sont toutes proches, mais la ville actuelle et son nom viennent d'une tribu amazighe, les Miknassa, installée dans la région au Xe siècle. Elle y fonde un ensemble de villages non fortifiés appelés Miknassat az-Zaytoun, « Meknès des oliviers ».
Au XIe siècle, les Almoravides construisent juste au sud une place forte, Tagrart, qui forme le noyau de l'actuelle médina. La mosquée Nejjarine, souvent présentée comme la plus ancienne de la ville, et la première Grande Mosquée datent de cette époque.
Almohades et Mérinides
La place almoravide résiste aux Almohades, qui la détruisent après un long siège au XIIe siècle. Au début du XIIIe siècle, le calife Mohammed an-Nasir (1199-1213) reconstruit la ville, ses remparts et sa Grande Mosquée.
Les Mérinides prennent Meknès en 1244. En 1276, le sultan Abou Youssef Yaqoub y fonde la première kasbah, l'année même où il crée Fès el-Jdid. Princes et vizirs mérinides y résident souvent. Le sultan Abou al-Hassan y bâtit trois médersas, dont la médersa Bou Inania, achevée vers 1336. Sous les Saadiens, au XVIe siècle, la ville est délaissée.
La capitale de Moulay Ismaïl (1672-1727)
les écuries de Moulay Ismaïl
Gouverneur de Meknès sous son frère Moulay Rachid, Moulay Ismaïl devient sultan en 1672 et en fait sa capitale. Plusieurs raisons l'expliquent : il a dû reconquérir Fès et Marrakech sur un neveu rival, les oulémas de Fès lui sont hostiles, et il veut une base neuve pour sa garde personnelle, les Abid al-Bukhari, recrutés parmi des esclaves noirs d'Afrique subsaharienne.
Pendant ses 55 ans de règne, il construit au sud de la vieille ville une immense cité-palais. Les anciens bâtiments sont démolis ; leurs gravats donnent son nom à la place el-Hedim, « les décombres ». Entre 25 000 et 55 000 ouvriers y travaillent, salariés ou captifs.
Légendes et réalité de la ville impériale
Les récits des ambassadeurs européens, venus négocier le rachat de captifs, parlent de dizaines de milliers d'esclaves chrétiens enfermés dans d'immenses cachots. Les historiens jugent ces chiffres exagérés : les captifs chrétiens étaient sans doute quelques milliers au plus, et les salles souterraines appelées « prisons » servaient en réalité à stocker grain et provisions.
Moulay Ismaïl transfère les juifs de la ville dans un nouveau Mellah près de la kasbah, renforce les remparts, ouvre de nouvelles portes comme Bab Berdaïn et Bab Khemis, et bâtit des forts pour ses troupes. Son épouse Khnata bent Bakkar, qui joue un rôle politique de premier plan, fonde la mosquée de Bab Berdaïn, achevée en 1709. Entre 1721 et 1725, il fait construire le Heri al-Mansour et ses immenses écuries. La grande porte Bab Mansour n'est achevée qu'en 1732, par son fils Moulay Abdallah.
Après le sultan (1727-1912)
À la mort de Moulay Ismaïl en 1727, ses fils se disputent le pouvoir et le Maroc plonge dans des décennies de troubles. Meknès perd son rang de capitale, et le séisme de 1755 l'endommage. Une grande partie de la cité impériale tombe en ruine.
Le sultan Sidi Mohammed ben Abdallah (1757-1790) y ajoute pourtant le palais Dar al-Beïda, la mosquée Er-Roua, la plus grande de Meknès, une coupole sur le tombeau de Sidi Mohammed ben Aïssa, fondateur de la confrérie des Aïssaoua, et les minarets actuels de la Grande Mosquée et de la mosquée Nejjarine.
Ville de garnison, de vignes et de résistance
Sous le protectorat, à partir de 1912, les Français bâtissent une ville nouvelle sur le plateau en face de la médina et font de Meknès un grand centre militaire et un carrefour routier. La population passe de 25 000 habitants au début du siècle à plus de 140 000 au milieu du XXe siècle. Des colons s'approprient de vastes terres et développent la vigne.
En 1937, en pleine pénurie, le projet de détourner l'eau de la rivière au profit des colons provoque une révolte, réprimée dans le sang : treize morts. Après l'indépendance, la ville continue de grandir avec l'exode rural. Sa médina et la ville impériale sont inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1996.
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CHAPITRE III
Les dates
900–1000
La tribu amazighe des Miknassa s'y installe et donne son nom à la ville.
1672
Moulay Ismaïl fait de Meknès sa capitale et l'entoure de 40 km de remparts.
1996
La ville historique est inscrite à l'UNESCO.
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CHAPITRE IV
Lieux marquants
1
Bab Mansour et la place el-Hedim
La plus belle porte monumentale du Maroc, couverte de zellige vert et de colonnes de marbre, fait face à la place el-Hedim, le cœur animé de la médina, avec ses conteurs et ses étals d'olives.
2
Heri es-Souani et le bassin de l'Agdal
Les greniers et écuries de Moulay Ismaïl : des salles voûtées immenses aux murs épais qui gardaient le grain au frais. Juste à côté, le bassin de l'Agdal servait de réservoir pour irriguer les jardins royaux.
3
Le mausolée de Moulay Ismaïl
Le tombeau du sultan, avec ses cours successives, ses fontaines et son décor de stuc et de zellige. C'est l'un des rares sanctuaires du Maroc dont une partie est accessible aux non-musulmans.
4
Volubilis et Moulay Idriss
À 30 km, les ruines romaines de Volubilis et leurs mosaïques, puis, sur la colline voisine, Moulay Idriss Zerhoun, la ville sainte où repose le fondateur de la première dynastie marocaine.
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CHAPITRE V
Personnages
MMoulay Ismaïl1645–1727Deuxième sultan alaouite, il règne de 1672 à 1727 et fait de Meknès sa capitale impériale.
KKhnata bent Bakkar†1754Épouse de Moulay Ismaïl et mère de Moulay Abdallah, lettrée et conseillère, l'une des femmes les plus influentes de l'histoire du Maroc.
SSidi Mohammed ben Aïssa1465–1526Le « Cheikh al-Kamil », fondateur de la confrérie soufie des Aïssaoua ; son mausolée est à Meknès.
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CHAPITRE VI
Culture et traditions
Le moussem des Aïssaoua
Chaque année, au moment du Mawlid, les confréries aïssaoua de tout le Maroc convergent vers le mausolée du Cheikh al-Kamil. Hautbois, tambours et chants de transe remplissent la ville pendant plusieurs jours.
Chevaux et tbourida
Héritière des écuries royales, la région de Meknès reste une terre de chevaux. Ses moussems accueillent certaines des meilleures troupes de tbourida, la charge de cavaliers qui tirent ensemble.
Meknès est la capitale viticole du Maroc — le plateau environnant de Beni M'tir produit les meilleurs crus du pays (consommés surtout à l'export). La ville est réputée pour sa production d'huile d'olive et sa tradition de broderie. Le moussem (festival de pèlerinage) de Moulay Ismaïl au mausolée est l'un des événements religieux les plus envoutants du Maroc.
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CHAPITRE VII
Les habitants
Les Meknassis
Meknès est une ville de commerçants, de militaires et de paysans du Saïs. Ses habitants sont réputés modestes et attachés à la ville, moins tournés vers les touristes que ceux de Fès ou de Marrakech. La ville tient son nom de la tribu amazighe des Meknassa.
Entre Fès et le Moyen Atlas
La darija meknassie est proche de celle de Fès mais plus rurale ; dans les environs, on entend le tamazight des tribus du Moyen Atlas.
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CHAPITRE VIII
À table
Les olives de MeknèsVertes, violettes, noires, au citron confit ou à la harissa : les étals de la place el-Hedim rappellent que la ville porte le nom des oliviers depuis mille ans.
01On surnomme Meknès « la Versailles du Maroc » : Moulay Ismaïl était contemporain de Louis XIV et lui demanda la main de sa fille.
02Les remparts de la ville impériale font environ 40 km de long.
03La région de Meknès produit la plupart des vins marocains et de grandes quantités d'olives.
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Questions fréquentes sur Meknès
Combien de jours faut-il pour visiter Meknès ?
Comptez 1–2 jours pour découvrir Meknès sans vous presser. C'est la durée que nous retenons dans nos itinéraires.
Quelle est la meilleure période pour visiter Meknès ?
Les meilleurs mois pour Meknès sont mars, avril, mai et octobre.
Quel budget prévoir par jour à Meknès ?
Par personne et par jour, hébergement compris : environ 30 € avec un petit budget, 75 € en confort et 180 € pour un séjour haut de gamme.
Comment aller à Meknès ?
Train depuis Fès (45 min), Casablanca (3 h), Rabat (2 h). Bus CTM depuis toutes les grandes villes. Pas d'aéroport — utilisez Fès comme plateforme aérienne.
Que voir à Meknès ?
Les incontournables de Meknès : Bab Mansour, Mausolée Moulay Ismaïl, Heri es-Souani et Place el-Hedim.
Que manger à Meknès ?
À goûter à Meknès : Mrouzia, Rfissa, Khobz et Thé à la menthe.
Où loger à Meknès ?
Les quartiers à privilégier : Médina et Ville Nouvelle.
Meknès est-elle une destination sûre ?
Oui, Meknès accueille chaque année de nombreux voyageurs. Les précautions sont celles de toute destination touristique : surveillez vos affaires dans la foule, déclinez poliment les faux guides, convenez du prix d'un taxi avant de monter.
Meknès convient-elle aux familles ?
Oui, Meknès se visite bien en famille.
Sources
Pour aller plus loin et vérifier ce que nous écrivons.