FFondée en 1471 comme forteresse contre les Portugais, Chefchaouen (« Chaouen ») a grandi avec les Andalous chassés d'Espagne. Restée fermée aux étrangers jusqu'en 1920, la ville bleue du Rif a gardé une médina d'une rare unité, au pied des cornes de la montagne qui lui donnent son nom.
Chefchaouen naît comme une simple kasbah fondée en 1471 par le chérif Ali ibn Rachid al-Alami, descendant du saint Moulay Abdessalam ben Mchich et d'Idriss Ier. Né vers 1440 dans le village voisin de Gherzim, il est parti combattre en 1460 aux côtés du royaume de Grenade, dernier État musulman d'Espagne, avant de revenir s'installer dans la montagne vers 1465.
À cette époque, les Portugais occupent les ports du nord du Maroc. Ali ibn Rachid prend la tête des combattants de la région et construit la forteresse pour leur résister. Les travaux, entamés en 1471, s'achèvent vers 1480. La Grande Mosquée est bâtie dès la fondation et sert aussi de lieu d'enseignement.
La principauté des Banou Rachid (1471-1561)
Pendant près d'un siècle, la ville est gouvernée par les descendants de son fondateur, les Banou Rachid, vassaux en principe des sultans wattassides de Fès. La fille d'Ali ibn Rachid, Aïcha, épouse l'émir de Tétouan Ali al-Mandri ; connue sous le titre de Sayyida al-Hurra, « la dame libre », elle gouvernera ensuite Tétouan et s'alliera aux corsaires contre les Portugais et les Espagnols.
En 1561, les Saadiens réunissent Chefchaouen au reste du Maroc et mettent fin à l'autonomie de la principauté.
Le refuge des Andalous
l'arrivée des Andalous
La chute de Grenade en 1492 pousse des milliers de musulmans et de juifs d'Espagne vers le Maroc. Une partie s'installe à Chefchaouen, ville de combat contre les Portugais, aux côtés des tribus ghomara de la montagne. Les derniers Morisques, expulsés d'Espagne par Philippe III en 1609, arrivent encore au début du XVIIe siècle.
Ces Andalous bâtissent leurs quartiers sur les pentes, dans le style de Grenade : ruelles étroites, maisons à patio, toits de tuiles. La ville se dote de remparts percés d'une dizaine de portes et de plusieurs mosquées. Des poètes et des savants andalous s'y établissent, et la culture de Grenade se mêle à celle des Ghomara.
La ville interdite
Pendant des siècles, Chefchaouen, ville sainte, reste fermée aux chrétiens. Le premier Européen à en laisser une description est l'explorateur français Charles de Foucauld, qui y passe en juillet 1883 déguisé en rabbin. Il compare la ville, avec ses toits de tuiles et ses ruisseaux, à un bourg paisible des bords du Rhin.
Grâce à lui, on sait qu'elle compte alors entre trois et quatre mille habitants, dont une dizaine de familles juives.
La guerre du Rif (1920-1926)
En octobre 1920, le général espagnol Dámaso Berenguer occupe la ville pour le protectorat espagnol. Pendant la guerre du Rif, les Espagnols se retirent et Chefchaouen rejoint de 1924 à 1926 la république du Rif d'Abdelkrim el-Khattabi.
En septembre 1925, une escadrille de pilotes volontaires américains, engagée aux côtés de la France, bombarde la ville et frappe des civils. Après la défaite d'Abdelkrim, exilé à La Réunion, l'armée espagnole reprend Chefchaouen en 1926.
Indépendance et ville bleue
Chefchaouen revient au Maroc en 1956, avec la fin du protectorat espagnol dans le Nord. Les murs bleus qui font aujourd'hui sa célébrité ne sont pas une tradition millénaire : leur origine reste discutée, entre héritage des familles juives, fraîcheur et goût des habitants, et le bleu s'est surtout répandu au XXe siècle.
Devenue l'une des villes les plus photographiées du Maroc, Chefchaouen voit son patrimoine reconnu au titre de la diète méditerranéenne, inscrite par l'UNESCO en 2010.
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CHAPITRE III
Les dates
1471
Moulay Ali ben Rachid fonde une forteresse pour résister aux Portugais.
1492
Musulmans et juifs chassés d'Andalousie s'y installent et façonnent la médina.
1920
Les troupes espagnoles entrent dans la ville, intégrée au protectorat.
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CHAPITRE IV
Lieux marquants
1
La place Outa el-Hammam et la kasbah
La place centrale, ombragée et bordée de cafés, fait face à la kasbah de terre rouge de 1471, dont le jardin et le petit musée ethnographique racontent la ville.
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Ras el-Maa
La source qui jaillit à l'entrée de la médina, où les femmes lavent encore le linge dans les lavoirs ; c'est d'ici que part le sentier vers la mosquée espagnole.
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La mosquée espagnole
Construite par les Espagnols dans les années 1920 et jamais utilisée, elle offre la plus belle vue sur la ville bleue au coucher du soleil, après vingt minutes de marche.
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Le parc national de Talassemtane
Aux portes de la ville, sapins du Maroc, cèdres et gorges ; le pont de Dieu (Akchour) et ses cascades sont la randonnée la plus prisée du Rif.
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CHAPITRE V
Personnages
MMoulay Ali ben Rachid1440–1511Fondateur de la ville en 1471 et chef de la résistance contre les Portugais dans le Nord.
SSayyida al-Hurra1485–1561Fille de Moulay Ali ben Rachid, elle gouverna Tétouan et mena une guerre de course contre les Portugais et les Espagnols.
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CHAPITRE VI
Culture et traditions
Le tissage jbala
Les montagnards jbala tissent la laine en couvertures rayées rouge et blanc, et les femmes portent le chapeau de paille à pompons et la mendil rayée.
Le fromage de chèvre
Le jben de Chaouen, fromage frais de chèvre roulé dans les feuilles de palmier nain, est vendu chaque matin par les femmes descendues des villages.
La ville est réputée pour sa tradition de tissage — les djellabas et couvertures de laine vendues dans la médina sont produites localement. La place Uta el-Hammam (place centrale) en est le cœur social. La musique andalouse traditionnelle résonne le soir. Les montagnes du Rif environnantes entretiennent une relation complexe avec la culture du cannabis — une réalité qui fait partie de l'économie locale.
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CHAPITRE VII
Les habitants
Les Chaouanis
Les habitants descendent des tribus jbala de la montagne et des familles andalouses. Les femmes de la campagne portent encore le chapeau de paille à pompons de laine et la fouta rayée rouge et blanc, en venant vendre au marché.
Le parler jebli
La darija du nord, dite jeblia, se reconnaît à son « tch », à des mots venus de l'espagnol et à une intonation chantante. Beaucoup d'habitants parlent aussi espagnol.
Tajine de chèvre et jbenLa cuisine de montagne : chevreau mijoté, fromage frais, miel des vallées et pain cuit au feu de bois.
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CHAPITRE IX
Le saviez-vous ?
01Personne ne sait vraiment pourquoi la ville est bleue : tradition juive, fraîcheur, ou éloigner les moustiques, les explications varient.
02Le nom vient du berbère « ichawen », les cornes, pour les deux sommets qui dominent la ville.
03La cuisine de Chefchaouen a été inscrite par l'UNESCO au titre de la diète méditerranéenne en 2010.
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Questions fréquentes sur Chefchaouen
Combien de jours faut-il pour visiter Chefchaouen ?
Comptez 1–3 jours pour découvrir Chefchaouen sans vous presser. C'est la durée que nous retenons dans nos itinéraires.
Quelle est la meilleure période pour visiter Chefchaouen ?
Les meilleurs mois pour Chefchaouen sont avril, mai, juin, septembre et octobre.
Quel budget prévoir par jour à Chefchaouen ?
Par personne et par jour, hébergement compris : environ 30 € avec un petit budget, 70 € en confort et 150 € pour un séjour haut de gamme.
Comment aller à Chefchaouen ?
Pas de train direct. Bus CTM depuis Tanger (3 h), Fès (4 h 30), Casablanca (6 h). Les grands taxis depuis Tétouan (1 h) sont l'option locale la plus rapide.
Que voir à Chefchaouen ?
Les incontournables de Chefchaouen : Place Uta el-Hammam, La médina bleue, Mosquée espagnole et Musée de la Kasbah.
Que manger à Chefchaouen ?
À goûter à Chefchaouen : Bissara, Khobz, Thé à la menthe et Oranges à la cannelle.
Où loger à Chefchaouen ?
Les quartiers à privilégier : Médina et Quartier de Bab Souk.
Chefchaouen est-elle une destination sûre ?
Oui, Chefchaouen accueille chaque année de nombreux voyageurs. Les précautions sont celles de toute destination touristique : surveillez vos affaires dans la foule, déclinez poliment les faux guides, convenez du prix d'un taxi avant de monter.
Chefchaouen convient-elle aux familles ?
Oui, Chefchaouen se visite bien en famille.
Sources
Pour aller plus loin et vérifier ce que nous écrivons.