RRasée par les Castillans vers 1400, Tétouan renaît à la fin du XVe siècle grâce aux réfugiés de Grenade. Sa médina blanche, inscrite à l'UNESCO en 1997, est la plus andalouse du Maroc ; la ville fut ensuite la capitale du protectorat espagnol de 1913 à 1956.
À quelques kilomètres de la ville se trouve le site antique de Tamuda, une cité maurétanienne du IIIe siècle avant notre ère, où l'on a trouvé des objets phéniciens et romains.
En 1286, les Mérinides construisent à Tétouan une kasbah et une mosquée. En 1305, le sultan Abou Thabit agrandit et fortifie la ville pour en faire une base contre Ceuta, aux mains d'un prince rebelle. Mais Tétouan sert aussi de repaire aux corsaires : en 1399, les Castillans la détruisent, et en 1436 les Portugais de Ceuta la ravagent encore.
La ville des Andalous (fin du XVe siècle)
les Andalous rebâtissent Tétouan
À la fin du XVe siècle, la ville en ruine est rebâtie par des musulmans et des juifs chassés d'Espagne. Les Andalous, menés par Ali al-Mandri, capitaine de Boabdil, le dernier roi nasride de Grenade, relèvent d'abord les murailles, puis remplissent l'enceinte de maisons. En conflit avec la tribu voisine des Beni Hozmar, ils demandent la protection du sultan wattasside, qui envoie quatre-vingts soldats, et paient pour garder leur autonomie.
La ville reste autonome face aux Saadiens. Sayyida al-Hurra, épouse d'al-Mandri et fille du fondateur de Chefchaouen, la gouverne pendant une partie du XVIe siècle.
Corsaires et mazmorras (XVIe-XVIIe siècle)
Dès les années 1530, Tétouan devient l'un des principaux centres de la course en Méditerranée occidentale. Pour les Morisques, chassés d'Espagne par les conversions forcées de 1501-1526, c'est une revanche sur la Reconquista. Les Castillans détruisent le port en 1565.
Les captifs chrétiens sont enfermés dans les mazmorras, un réseau de grottes souterraines où une chapelle, Notre-Dame-des-Douleurs, servait aux prisonniers et aux religieux venus négocier leur rachat. Cervantès évoque ces « grottes de Tétouan » dans plusieurs de ses œuvres. Redécouvertes au début du XXe siècle, elles n'ont jamais été fouillées, car elles se trouvent sous des maisons habitées.
Alaouites et Algériens (XVIIe-XIXe siècle)
Au XVIIe siècle, la ville est gouvernée par la riche famille al-Naqsis. Moulay Ismaïl la prend à la fin du siècle malgré une forte résistance. Le gouverneur alaouite de Tanger y ramène la stabilité et construit le palais du Méchouar et la mosquée du Pacha, la plus ancienne mosquée encore debout de la ville.
La communauté juive séfarade, qui parle la haketia, un judéo-espagnol, subit en 1790 un pogrom sous le sultan Moulay Yazid ; beaucoup partent alors pour Gibraltar. Après 1830, des Algériens fuyant la conquête française s'installent à Tétouan.
La guerre de 1860 et le protectorat espagnol
En 1859, l'Espagne déclare la guerre au Maroc après un conflit sur les limites de Ceuta. Le général Leopoldo O'Donnell prend Tétouan le 4 février 1860 ; il est fait duc de Tétouan. Les Espagnols évacuent la ville en mai 1862, contre une lourde indemnité.
De 1913 à 1956, Tétouan est la capitale du protectorat espagnol du nord du Maroc, siège du khalifa du sultan et du haut-commissaire espagnol. Les Espagnols bâtissent à côté de la médina une ville nouvelle, l'Ensanche, aux façades blanches.
Foyer du nationalisme
Tétouan est l'une des villes les plus actives dans la lutte contre la colonisation. Le mouvement nationaliste y est mené par Abdelkhalek Torres, avec Abdessalam Bennouna et l'historien Mohammed Daoud, en lien avec les nationalistes arabes ; l'émir libanais Chakib Arslan les rencontre à Tétouan en août 1930.
La ville revient au Maroc indépendant en 1956. Sa médina, l'une des plus complètes du pays, est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1997.
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CHAPITRE III
Les dates
1484
Des réfugiés andalous menés par Sidi Ali al-Mandari reconstruisent la ville.
1913–1956
Capitale du protectorat espagnol.
1997
La médina est inscrite à l'UNESCO.
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CHAPITRE IV
Lieux marquants
1
La médina
Sept portes, des ruelles blanchies à la chaux, des souks par métier et des maisons andalouses à patio : une médina intacte et peu touristique.
2
L'école des arts et métiers
Face à Bab el-Okla, on y voit les maîtres former les apprentis au zellige, au plâtre sculpté et au bois peint, dans un bâtiment lui-même décoré par eux.
3
L'Ensanche et la place Hassan II
Entre le palais royal et le boulevard Mohammed V, les immeubles espagnols des années 1920–1950 forment l'un des plus beaux ensembles coloniaux d'Afrique du Nord.
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CHAPITRE V
Personnages
SSayyida al-Hurra1485–1561Gouverneure de Tétouan, alliée des corsaires, l'une des rares femmes à avoir exercé le pouvoir au Maroc.
MMariano Bertuchi1884–1955Peintre espagnol amoureux du Maroc, il fonde l'école des beaux-arts de Tétouan en 1945.
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CHAPITRE VI
Culture et traditions
La musique andalouse
Héritée de Grenade, la musique al-âla se transmet ici d'orchestre en orchestre ; les mariages tétouanais restent parmi les plus raffinés du Maroc.
La musique andalouse (malhoun et gharnati) est jouée au Conservatoire royal. La tradition de broderie (broderie tétouanaise) utilise le fil de soie dans des motifs floraux nettement andalous. L'architecture blanc et bleu de la médina est entretenue comme une obligation culturelle — la repeindre d'une autre couleur est interdit.
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CHAPITRE VII
Les habitants
Les Tétouanais
Les vieilles familles de Tétouan descendent des Andalous de Grenade arrivés à la fin du XVe siècle. Elles ont gardé une cuisine, une musique et des costumes de mariage propres à la ville, et un attachement fort à l'identité « andalouse ».
L'accent de Tétouan
La darija tétouanaise est douce et chantante, avec beaucoup de mots espagnols ; on la reconnaît à ses diminutifs et à sa politesse.
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CHAPITRE VIII
À table
La cuisine tétouanaiseDouce et parfumée, venue d'Andalousie : poulet aux amandes, poissons de Martil et pâtisseries fines au miel et à la fleur d'oranger.
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CHAPITRE IX
Le saviez-vous ?
01Tétouan fut la capitale du protectorat espagnol au nord du Maroc, de 1913 à 1956.
02On la surnomme « la colombe blanche » pour ses maisons blanchies à la chaux.
03Sa médina est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1997.
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Questions fréquentes sur Tétouan
Combien de jours faut-il pour visiter Tétouan ?
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Quelle est la meilleure période pour visiter Tétouan ?
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Quel budget prévoir par jour à Tétouan ?
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Comment aller à Tétouan ?
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Que voir à Tétouan ?
Les incontournables de Tétouan : Médina, Musée archéologique, Mellah et Palais royal.
Que manger à Tétouan ?
À goûter à Tétouan : Bissara, Ghriba, Fekkas et Khobz.
Où loger à Tétouan ?
Les quartiers à privilégier : Médina et Ensanche (quartier espagnol).
Tétouan est-elle une destination sûre ?
Oui, Tétouan accueille chaque année de nombreux voyageurs. Les précautions sont celles de toute destination touristique : surveillez vos affaires dans la foule, déclinez poliment les faux guides, convenez du prix d'un taxi avant de monter.
Tétouan convient-elle aux familles ?
Oui, Tétouan se visite bien en famille.
Sources
Pour aller plus loin et vérifier ce que nous écrivons.