la tour Hassan et la kasbah des Oudayas

LE LIVRE DE

Rabat — Tout savoir sur Rabat

الرباط

Histoire, lieux, personnages, culture et table de Rabat, racontés par deux Marocains.

10 chapitres6 min de lecturePar Yassine et Issam
Que faire à Rabat
SOMMAIRE · I
  1. I. En un regard
  2. II. Histoire
  3. III. Les dates
  4. IV. Lieux marquants
  5. V. Personnages
  6. VI. Culture et traditions
  7. VII. Les habitants
  8. VIII. À table
  9. IX. Le saviez-vous ?
  10. X. Questions fréquentes

CHAPITRE I

En un regard

Capitale du Maroc depuis 1912, Rabat superpose deux mille ans d'histoire sur les rives du Bouregreg : la Sala romaine, le ribat almohade dont elle tire son nom, la république corsaire des Morisques et la ville impériale moderne, inscrite à l'UNESCO en 2012.

Nom arabe
الرباط
Autres noms
Sala Colonia · Ribat al-Fath
Coordonnées
34.0209, -6.8416
Meilleurs mois
avr., mai, juin, sept., oct.

CHAPITRE II

Histoire

Sala, la ville romaine

Les Phéniciens ont fondé des comptoirs sur la côte atlantique, mais l'existence de l'un d'eux à Sala reste débattue. Au Ier siècle avant notre ère, les habitants écrivent encore en néo-punique ; la région appartient au royaume berbère de Maurétanie avant d'être annexée par Rome.

Sur le site du Chellah, les Romains construisent Sala Colonia, au-dessus de bâtiments maurétaniens plus anciens. Avec Lixus, c'est l'un des deux grands postes navals romains de la côte atlantique de la Maurétanie tingitane ; son port servait d'escale aux navires qui descendaient vers Anfa et l'île de Mogador. La ville se vide à partir du Ve siècle et est en grande partie en ruine à l'arrivée des Arabes au VIIe siècle.

Le ribat et la ville rêvée des Almohades

le chantier de la mosquée Hassan
le chantier de la mosquée Hassan

Au Xe siècle, un ribat, poste fortifié tenu par des combattants de la foi, est fondé pour lutter contre les Berghouata, installés plus au sud ; c'est de lui que vient le nom de Rabat. Vers 1030, la ville de Salé naît sur l'autre rive. Vers 1150, le calife almohade Abd al-Moumen bâtit une kasbah avec palais et mosquée, à l'emplacement de l'actuelle kasbah des Oudayas, et fait creuser un canal pour y amener l'eau : le site devient un point de départ des armées vers al-Andalus.

Yaqoub al-Mansour (1184-1199) voit plus grand : une capitale impériale, Ribat al-Fath, avec d'immenses remparts, des portes monumentales comme Bab er-Rouah et Bab Oudaya, et une gigantesque mosquée dont il reste la tour Hassan. À sa mort en 1199, tout reste inachevé et la ville n'est jamais vraiment peuplée.

Salé l'emporte (XIIIe-XVIe siècle)

Sous les Mérinides, c'est Salé, sur la rive nord, qui prospère. La rive sud décline au point qu'en 1515, Léon l'Africain n'y compte plus qu'une centaine de maisons habitées.

Les Mérinides y laissent pourtant deux traces : une grande mosquée dans l'actuelle médina, et sur le site de l'antique Sala, le Chellah, la nécropole royale de leur dynastie, entourée de remparts et d'une porte monumentale.

La république du Bouregreg (1627-1666)

les corsaires de la république du Bouregreg
les corsaires de la république du Bouregreg

En 1609, Philippe III ordonne l'expulsion des Morisques d'Espagne. Environ 2 000 d'entre eux, venus de Hornachos, près de Badajoz, s'installent dans la kasbah, et des milliers d'autres les rejoignent. En 1627, Rabat et Salé forment la république du Bouregreg, autonome, qui vit de la course : ses corsaires, les « Salé Rovers », attaquent les navires marchands jusqu'aux côtes d'Europe du Nord.

La rive sud, appelée alors « Salé-le-Neuf », se peuple ; un « mur des Andalous » délimite la nouvelle médina, et la rue des Consuls devient une artère principale. Le fondateur des Alaouites, Moulay Rachid, prend la ville en 1666, mais la course continue jusqu'au début du XIXe siècle : en 1829, l'Autriche bombarde la ville après la perte d'un de ses navires.

Ville des sultans alaouites

Moulay Ismaïl (1672-1727) agrandit la kasbah, y construit une résidence royale, aujourd'hui musée, et y installe la tribu militaire des Oudaya, qui lui donne son nom. Sidi Mohammed ben Abdallah (1757-1790) fonde le palais royal, le Dar al-Makhzen, dans l'ancienne enceinte almohade.

Moulay Slimane (1792-1822) bâtit le palais Dar al-Bahr et plusieurs mosquées, et crée le Mellah dans la partie est de la médina. Au début du XIXe siècle, les remparts sont étendus et la ville couvre environ 840 hectares ; elle compte 20 000 à 25 000 habitants vers 1900.

Capitale du protectorat (1912-1956)

Après le traité de Fès de mars 1912 et les émeutes qui suivent, le résident général Lyautey transfère la capitale de Fès à Rabat : la ville est sur la côte, plus accessible, et proche de Casablanca, qu'il voit déjà comme le futur centre économique. En 1913, il confie à l'urbaniste Henri Prost la ville nouvelle administrative, construite à côté de la médina préservée.

La ville grandit vite : 33 714 habitants au recensement de 1921, environ 83 000 en 1936 et 156 000 en 1952. En 1921, un tiers de la population est européenne.

La capitale du Maroc indépendant

À l'indépendance, en 1956, Mohammed V garde Rabat comme capitale. Les étrangers partent peu à peu ; en 1971, la ville compte environ 368 000 habitants, dont 3,5 % d'étrangers. La base aérienne américaine de Rabat-Salé ferme au début des années 1960.

La ville accueille de grands sommets : en 1969, le sommet qui donne naissance à l'Organisation de la coopération islamique ; en 1974, le sommet arabe qui reconnaît l'OLP comme seul représentant du peuple palestinien. En 2012, Rabat est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO, ville moderne du XXe siècle comprise.

CHAPITRE III

Les dates

  1. 40

    Sala devient une ville romaine, à l'emplacement de l'actuel Chellah.

  2. 1195

    Yacoub al-Mansour lance la tour Hassan, jamais achevée.

  3. 1912

    Rabat devient la capitale du Maroc.

  4. 2012

    Rabat est inscrite à l'UNESCO, capitale moderne et ville historique.

CHAPITRE IV

Lieux marquants

1

La kasbah des Oudayas

La forteresse almohade à l'embouchure du Bouregreg : porte monumentale du XIIe siècle, ruelles blanches et bleues, jardin andalou et café Maure face à la mer.

2

La tour Hassan

Le minaret inachevé de 44 m et ses quelque 200 colonnes, vestiges de la mosquée géante de Yacoub al-Mansour, endommagée par le séisme de 1755.

3

Le mausolée Mohammed V

Achevé en 1971, il abrite les tombeaux du roi Mohammed V, père de l'indépendance, et de ses fils Hassan II et Moulay Abdallah, sous la garde de soldats en uniforme d'apparat.

4

Le Chellah

Ruines romaines et nécropole mérinide dans un jardin peuplé de cigognes ; un festival de jazz s'y tient chaque été.

CHAPITRE V

Personnages

  • Yacoub al-Mansour1160–1199Calife almohade, bâtisseur de Ribat al-Fath et de la tour Hassan.
  • Mohammed V1909–1961Sultan puis roi, exilé par la France en 1953 et revenu en 1955 ; il conduit le Maroc à l'indépendance en 1956.

CHAPITRE VI

Culture et traditions

Capitale des arts

Musée Mohammed VI d'art moderne et contemporain (2014), festival Mawazine chaque printemps, et une scène de broderie rbatie aux motifs réputés.

Rabat est réputée pour sa broderie distinctive (broderie rbatie) — un style géométrique en bleu sur lin blanc. La tradition musicale andalouse apportée par les réfugiés maures survit dans les orchestres classiques. La Kasbah des Oudayas conserve un caractère andalou marqué : murs blanchis, détails peints en bleu et jardins suspendus.

CHAPITRE VII

Les habitants

Les R'bati

Les vieilles familles de Rabat, souvent d'origine andalouse, sont réputées discrètes et attachées aux traditions : broderie au fil d'or, tapis de Rabat, cuisine raffinée. Aujourd'hui la ville compte surtout des fonctionnaires, diplomates et étudiants venus de tout le pays.

Le parler de la capitale

La darija rbatie traditionnelle, proche de celle de Fès et de Salé, a un « r » adouci et des tournures andalouses. Dans la rue, on entend surtout la darija standard des grandes villes, mêlée de français.

CHAPITRE IX

Le saviez-vous ?

  • Le nom vient de « ribat », un fort où des moines-soldats montaient la garde.
  • La tour Hassan devait être le minaret de la plus grande mosquée du monde ; le chantier s'arrêta à la mort du sultan Yacoub el-Mansour en 1199.
  • Rabat est inscrite au patrimoine mondial depuis 2012, ville nouvelle du XXe siècle comprise.

Questions fréquentes sur Rabat

Combien de jours faut-il pour visiter Rabat ?

Comptez 1–3 jours pour découvrir Rabat sans vous presser. C'est la durée que nous retenons dans nos itinéraires.

Quelle est la meilleure période pour visiter Rabat ?

Les meilleurs mois pour Rabat sont avril, mai, juin, septembre et octobre.

Quel budget prévoir par jour à Rabat ?

Par personne et par jour, hébergement compris : environ 40 € avec un petit budget, 100 € en confort et 250 € pour un séjour haut de gamme.

Comment aller à Rabat ?

L'aéroport Rabat-Salé (RBA) propose des vols directs européens. Le train relie Casablanca (1 h), Tanger (3 h), Fès (3 h 30). La gare est centrale et bien desservie.

Que voir à Rabat ?

Les incontournables de Rabat : Tour Hassan, Kasbah des Oudayas, Musée Mohammed VI d'art moderne et Chellah.

Que manger à Rabat ?

À goûter à Rabat : Tajine de kefta, Pastilla au pigeon, Couscous tfaya et Taktouka.

Où loger à Rabat ?

Les quartiers à privilégier : Médina, Agdal et Kasbah des Oudayas.

Rabat est-elle une destination sûre ?

Oui, Rabat accueille chaque année de nombreux voyageurs. Les précautions sont celles de toute destination touristique : surveillez vos affaires dans la foule, déclinez poliment les faux guides, convenez du prix d'un taxi avant de monter.

Rabat convient-elle aux familles ?

Oui, Rabat se visite bien en famille.

Sources

Pour aller plus loin et vérifier ce que nous écrivons.

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FIN DU LIVRE

Maintenant, allez voir Rabat.

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